La culture vs la Santé : who wins ?

loi lang prix unique

En tant que libraire j’ai toujours été ravie d’expliquer triomphalement à mes clients que non, Amazon n’est pas moins cher, le prix du livre est fixe en France, tout le monde est à la même enseigne.

En effet, depuis le 10 août 1981 exactement, seul l’éditeur fixe le prix des ouvrages en vente publique, prix devant être appliqué par tout revendeur dans la limite de 5% de réduction autorisée. Regarde autour de toi : la super promotion Amazon trop bien, en fait c’est juste 5% parce qu’ils ont le droit.

Cette mesure a été justifiée par la protection des petites structures (à savoir le libraire au bout de ta rue chez qui tu ne vas jamais) contre l’expansion des grands distributeurs. Et oui, même avant Internet, la concurrence était déjà rude.

En France, on se réjouit de cette loi : elle protège également l’accès à la culture : partout, ton bouquin sera au même prix. Tu es protégé des viles ambitions mercantiles du commerçant avide. Mais, il y a peu de temps, j’ai réalisé aussi que cette mesure est totalement isolée ; pourquoi alors, si la protection contre la concurrence existe, ne pas l’appliquer de façon plus large ?

Prenons la santé par exemple ; depuis que j’ai failli vendre un rein pour payer mon paquet de Doliprane à la pharmacie du quartier, j’ai compris que le prix des médicaments n’est pas fixe, lui. pas du tout. (En tout cas, les médicaments non remboursables) Et qu’il pouvait varier de façon hallucinante d’une structure à une autre.

Alors pourquoi valoriser l’accès à la culture plutôt qu’à la santé la plus élémentaire ? Loin de moi l’idée de dénigrer, j’ADORE la littérature et je chéris la loi Lang. Mais pourquoi ne pas réitérer cette démarche sur des produits de première nécessité ?

Il faut savoir que, hors donc médicaments remboursables, les laboratoires pharmaceutiques se basent déjà sur la capacité maximale d’un Etat à payer pour avoir accès à un traitement.

Bon, vous me direz, il y a la Sécurité Sociale, qui est déjà une particularité nationale, et un gros avantage pour nous. Oui ! Je m’en réjouis également à chaque rhume et visite chez le médecin. Mais pourquoi s’arrêter ne si bonne voie ? Pourquoi cette schizophrénie du pouvoir des labos là où l’Etat ne peut imposer la décence des prix ?

On peut argumenter que, de même, là où les librairies se doivent de respecter les prix fixes, les papeteries compensent largement ce manque à gagner avec des marges et prix en pleine et constante envolée. Mais, pensez-y, votre libraire n’est pas systématiquement papetier également et est souvent régi par cette règlementation qui le protège, certes, mais est de moins en moins efficace en regard des services annexes proposés par les géants du Net… Mais c’est un autre débat 😉

 

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