Le livre numérique : top ou flop ?

 

Dans 99,99% des cas, le terme de “livre numérique” désigne la transposition exacte d’un livre imprimé sur un support électronique consultable.

Tout au plus le reflet de la digitalisation à outrance de notre société à l’heure actuelle, au pire un simple effet de mode voué à l’oubli imminent.

Mais en effet, le livre numérique est loin d’avoir provoqué la révolution que l’on peut observer dans les habitudes de consommation de musique ou de contenus audiovisuels : le nouveau NetFlix ou Spotify n’existe pas. Youboox, le challenger en la matière restant bien en-dessous des espérances d’exhaustivité et service attendus aujourd’hui par les internautes.

Le Parisien lui-même titrait en janvier un article plutôt pessimiste sur l’accueil plutôt froid réservé par la France à l’édition numérique, ou l’idée d’une révolution un peu mal tombée.

Pourquoi ? Rien de plus aisé pour un support traditionnel passé au numérique que de séduire au minimum les digital natives, friands de ces innovations donnant corps à la fracture numérique générationnelle.

Première hypothèse : le modèle commercial du livre ne le permet pas.

Ou en tout cas, ne s’en donne pas les moyens. Actuellement, le circuit du livre est bien huilé :

CIRCUIT COMMERCIAL DU LIVRE

La démocratisation du livre numérique entraîne, naturellement, la baisse en puissance du fabricant et du diffuseur/distributeur, dont le coeur de métier concerne le produit papier en lui-même. Or, dans cette vague d’homogéinisation qui touche le secteur de l’édition, ou le distributeur rachète le diffuseur lui-même grand groupe d’édition, on se serre les coudes. C’est la famille, quoi. Pas étonnant que ces mastodontes n’aient pas vraiment envie de voir décroître tout un pan de leur activité, voire même de se faire (encore plus) grignoter leur part de marché par Amazon, qui annonce ouvertement sa volonté de dominer ce secteur pour lequel son positionnement numérique prend tout son sens.

Pourtant, c’est aussi une question d’économie : pas besoin de faire imprimer de petits tirages, qui ne seront pas rentabilisés ! Plus de rupture inopinée suite à un flamboiement des ventes, et l’assurance de toujours avoir son livre disponible à la demande du client … Cependant, ce type d’argument avait été soulevé à la digitalisation du cinéma et de la musique et on sait ce que ça a donné 🙁 Même si pour le coup, je suis plutôt alarmiste, l’un comme l’autre y ont très bien survécu, au prix d’une réinvention brutale.

2ème hypothèse : le papier, on s’y attache.

Le Parisien en pare dans son article, les lecteurs aujourd’hui sur-digitalisés n’ont pas forcément envie de perdre cet aspect déconnectant et un peu vieux jeu de la lecture sur papier. D’autant qu’aujourd’hui, le livre reste une valeur sûre pour offrir (17% du chiffre annuel des libraires se fait en décembre, d’après ActuaLitté) Et il faut reconnaître qu’un joli paquet au pied du sapin, ça claque plus qu’un e-mail Cultura impersonnel pour faire plaisir à Mamie.

3ème hypothèse : les liseuses, tu gères ou tu perds

Personnellement, j’adore les livres et je suis digital-native, donc hyperconnectée et fan des nouveaux supports technologiques. Et pourtant, l’idée d’avoir une liseuse ne m’a jamais que vaguement intéressée.

Il faut dire que, comme beaucoup d’innovations techniques, la liseuse a débarqué subitement et s’est multipliée : apparue entre 1992 et 1993, il a fallu attendre 1998 pour voir la première liseuses française sur le marché : la Cybook. Comme on s’en doute, elle n’a pas rencontré un succès immédiat et retentissant, et c’est le marché des Etats-Unis qui fera la différence dans les années 2000. En 2008, 5000 français seulement possédaient une liseuse, chiffre qui est passé à 27000 en 2010 ! Des chiffres encourageants qui amènent un certain questionnement sur l’incapacité du produit à devenir un must have.

Cette soudaine vague de choix ne clarifie rien pour les lecteurs, et que chaque enseigne défend son bout de gras : Amazon avec sa Kindle propriétaire, au fonctionnement volontairement mystérieux, FNAC avec sa Kobo, le chouchou du public, Decitre qui collabore avec PocketBook,

De plus, perso j’aime bien prêter les livres que j’ai apprécié (à ma famille uniquement, les autres peuvent aller mourir, ce sont mes bébés !) et il faut reconnaître que sur liseuse, même si tout le monde a fait l’effort d’investir, entre modèles différents, formats propriétaires et contraintes légales, ton bouquin tu te le gardes, merci bien l’autre peut aller se le télécharger péniblement ailleurs.

Et pourtant … On s’y met

Malgré les freins, rancoeurs et septicisme et spécialistes comme des médias, le marché du livre numérique est en hausse de 9% en 2017 : encourageant certes, mais on ne m’enlèvera pas de la tête que le numérique restera un gadget. L’avenir nous le dira …

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